Extrait d'une de mes lectures :
Il semble d'ailleurs qu'il y ait au moins une autre façon d'accéder au mondes supérieurs, ou, peut-être, de traverser ce tunnel : en dormant. Beaucoup de nos chers disparus nous affirment que, très souvent, nous les rejoignons pendant notre sommeil. Ce sont alors de vraies retrouvailles provisoirres, de doux entretiens, dont malheureusement nous perdons presque toujours le souvenir au réveil.
Pierre Monnier nous précise que, lors de leur sommeil, ses chers parents ne le rejoignent pas vraiment au niveau où lui-même se trouve habituellement pour accomplir la nouvelle mission que Dieu, dans l'autre monde, lui a maintenant confiée. Ils se retrouvent dans une sorte de zone intermédiaire :
"Qu'ils sont doux nos revoirs !... Nous parcourons tous les trois ensemble une sphère qui vous est accéssible lorsque vos esprits s'arrachent aux chaînes lourdes de la chair. En effet, vous ne venez pas me rejoindre sur le plan même où se trouve ma "demeure" actuelle, mais nous avons, nous, la possibilité et la joie de pouvoir retourner aux sphères que visitent les esprits incarnés, momentanément libérés. Cette jouissance sacrée des réunions spirituelles vous est confirmée par toutes les voix de l'Au-delà... et pourtant, que vous avez de peine à vous en convaincre ! Chère maman... cher papa, il m'arrive souvent de vous accompagner jusqu'au moment où votre esprit retrouve, avec un soupir de regret, sa prison quotidienne ; je cherche à vous laisser une intuition, une impression qui prolonge en vous le souvenir de notre bienheureuse réunion. J'y parviens vaguement quelquefois, n'est-ce pas, Maman chérie ?..."
Une fois, au moins, l'heureux dormeur non seulement a gardé le souvenir très précis de cette rencontre, mais a même eu quasiment la preuve de sa réalité. La conversation commencée dans le sommeil s'est poursuivie tout éveillé. Il s'agit d'un des derniers contacts de Belline avec son fils, mort à vingt ans dans un accident de voiture. Belline, n'a jamais eu que des contacts très difficiles avec son fils. En janvier et février 1972 on ne peut même plus parler de dialogue. Tout juste l'impression d'entendre le rire de son fils, Michel, ou le mot "papa" ; cela malgré de longues heures d'écoute et de tension vaine. Un peu las et découragé, Belline abandonne et part avec sa femme prendre un peu de repos à Florence :
" Nous aspirions désormais à la sérénité. Je ne cherchais plus à appeler Michel. Sûrement, j'étais loin de préssentir la grâce qui allait m'être accordée. Une nuit, dans notre hôtel au bord de l'Arno, Michel m'apparut en rêve. Sans que je puisse me souvenir des préliminaires, je me retrouvai avec lui à mes côtés en voiture ; comme cela nous était arrivé tant de fois de son vivant ; mais là, c'était à moi de conduire et à lui de se laisser guider.
Je lui dis : Michel, je sais que je rêve, comment se fait-il qu'après tant de tentatives vaines pour te rejoindre, ce soir seulement il nous soit permis de nous rencontrer et de nous voir ?
Michel me répondit : Crois-tu que nous soyons vraiment séparés ? L'énergie qui était mienne est revenue vers toi et maman. Il en est toujours ainsi. L'amour de ceux qui restent et qui pleurent et qui appellent attire à soi un peu de l'être cher qui s'en va. Quelque chose de lui vit dans leur pensée, habite leurs corps.
Moi. - Je sens bien que désormais je vis pour deux : pour toi et maman. Et maman, c'est la même chose. Est-ce bien vrai ? Ce sentiment n'est-il pas une illusion ?
Michel - Un jour, justice sera rendue aux presciences des poètes et des coeurs aimants.
J'entendis, ou plutôt, je vis son rire, car il se tourné vers moi et je le regardai aussi : il était radieux. Sa joie me gagnait. Ses yeux étaient emplis d'une clarté qui se transmettait à moi. Une sorte de fusion intime. Jamais je n'oublierai ce moment où Michel et moi nous nous sommes regardés l'un et l'autre hors de l'espace et du temps, face à face.
Moi - Michel, je puis à peine parler tant je suis heureux de te revoir si resplendissant. Il me semble soudain que le monde ne va pas si mal, que les hommes peuvent trouver s'ils le veulent sincèrement une solution à leurs maux.
Michel m'embrassa.
Moi - Je vois venir à moi tant d'êtres malheureux et déprimés que le chagrin écrase. Certains sont prêts au suicide. Comment leur redonner le goût de vivre et cette joie que j'éprouve en cet instant ?
Michel - Tu peux leur donner la force de remonter le fleuve de vie.*
Il est cinq heures, je m'éveille et je m'entends parler à Michel. Je perçois nettement la voix de mon fils.
Moi - Explique-toi ; j'ai tant de questions encore à te poser !
Michel - Ne force pas la vérité, papa. Elle vient toujours à son heure.
Moi - Je fais de mon mieux pour attendre. Bien des choses que tu m'as communiquées sont étranges. Ainsi, je rêve peut-être encore et pourtant tu es là.
Michel - La vie eest une énergie, la mort en est une autre et le rêve balance entre les deux.
Moi - Crois-tu que je pourrais aller plus loin avec toi dans nos investigations ?
Michel - Cesse de te tourmenter papa. Evite de te dédoubler sans mesure, les énergies que tu déploies au-dehors risquent de ne pas regagner leurs centres. Cela entraîne toujours des chutes de mémoire.
Moi - Lorsque l'âme d'une personne quitte son corps à sa mort, retrouve-t'elle intactes les particules errantes qui se sont évadées ?
Michel - Oui. Même la folie poursuit dans l'ailleurs une évolution aussi harmonieuse que possible. Les accidents de l'âme ne pèsent pas plus sur le destin dans l'au-delà qu'une blessure ou une infirmité physique. Ce sont les fautes commises sciemment sur terre qui sont des freins.
Moi - Des freins à quoi ?
Michel - Attends-moi papa, je reviendrai.
La voix s'est effacée, mais l'impression heureuse demeure.
Oh ! Mon Di Ji, cela veut-il dire que notre conversation une nuit de janvier durant mon rêve était réelle ????
Il est vrai qu'à mon réveil. Je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir rêvé mais bel et bien d'avoir dialoguer avec toi. Ce qui me blesse néanmoins, c'est le contenu de notre conversation. Si c'est la vérité alors j'espère que comme ce fils le dit à son père un jour, elle éclatera. Je ne la forcerai pas néanmoins. Je souhaite que Michel dise vrai et qu'un jour elle viendra à son heure. Mais, tu sais, mon Di Ji, c'est extrêmement difficile pour moi de le savoir et de ne rien pouvoir faire ou dire.
Je t'aime mon fils, mon Di Ji, mon Jérôme.