Tout d'abord, le montage joint à cet article, nous a été offert par notre amie du blog : JACQUO 59.
Je tiens à la remercier vivement pour tout ce qu'elle fait pour nous, montages, messages de soutien ou encore fleurir ta photo.
Je profite également de cette petite parenthèse pour remercier vivement celles et ceux qui nous suivent depuis le début et nous sont fidèles.
Je me souviens de tous ces merveilleux dimanches ainsi que tous ces magnifiques Noëls où nous nous trouvions tous réunis autour d'un bon repas. Que de moments de convivialité qui malheureusement, je le sais aujourd'hui, ne se reproduiront pas. Quoi que je fasse, quoi que je dise, il manquera toujours une personne, une des plus chères à mon coeur et à ma vie. Il me manquera toujours toi : il me manquera toujours mon fils, mon Jérôme, mon ange, mon Di Ji.
Alors, dans un bref sursaut de courage, je rappelle à ma mémoire, ce jour où je me trouvais clouée sur un lit d'hôpital en attente du lendemain où l'on devait m'opérer pour me retirer l'utérus. Je n'avais alors que 28 ans et je souffrais d'une maladie qui détruisait à petit feu mon utérus et me rendait stérile. Pourtant, nous désirions tous avoir un troisième enfant pour papa et moi, un frère ou une soeur pour Sandra et toi. Peu m'importait le fait de ne plus être une femme après. Peu importe, quel que soit le destin à ce moment là, je me résignais et me disais que j'avais la chance de vous avoir ta soeur et toi. Toi, mon fils, mon Di Ji, qui savait être si présent dans ma vie, si réconfortant, si attentionné. Je me souviens de ce fameux soir, la veille donc de cette opération, comme si nous y étions. Tu as sû prendre le téléphone et m'appeler. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque tu m'as annoncé mon Di Ji que tu avais un cadeau pour moi. Tu étais à peine âgé d'une dizaine d'années et alors que je me demandais ce que ce présent que tu tenais tant à me faire pouvait être. J'ai entendu les premières notes de musique s'échapper de ton accordéon. Tu jouais si divinement bien !!!! De plus, je dois bien avouer que seul ce privilège m'était réservé depuis le départ de ta grand-mère. Tu as joué pendant une heure. Nous avons tous les deux passé une heure au téléphone, toi à jouer, moi à t'écouter avec fierté. Tu ne peux savoir l'espoir que tu as semé dans mon coeur et dans ma vie à ce moment précis mon ange, mon Jérôme, mon fils. Tu as toujours sû trouver le chemin de mon coeur et celui susceptible de m'apporter le plus grand, le plus fort, le plus sincère des soutiens.
Aujourd'hui, depuis deux ans, je suis seule, tellement seule face à mon destin, tellement seule face à la cruauté de cette vie. Sans toi, je n'ai plus la force de continuer ni celle d'être moi-même. Néanmoins, depuis, j'apprends à survivre avec l'hypocrisie, l'indifférence et la méchanceté des gens. Je sais ce qu'est la Souffrance avec un grand S, le désespoir et le mal-être. Je connais les sentiments éprouvés et la vie quotidienne des malades atteint d'une maladie incurable pour y être moi-même assujettie. Je sais à quel point les gens peuvent être sans scrupules et profiter de ton malheur pour te faire passer pour une moins que rien, pour te dénigrer, pour te rabaisser. Je connais maintenant le pourquoi du comment et la source du proverbe : « le malheur des uns fait le bonheur des autres. »
Aussi, parce que je sais que tu as toujours été fier de moi, parce que je sais que je n'ai pas le droit de te décevoir, que je n'ai pas le droit de me laisser aller au désespoir. Je me dois, pour toi, en ta mémoire et au nom de notre amour de continuer malgré tout, malgré cette douleur quotidienne, malgré mes larmes qui coulent d'elles même lorsque je pense à toi mais aussi pour ton frère, ton Tiyus que tu aimais tant de continuer à exister. Alors, aujourd'hui, comme bien souvent, parce que dorénavant, c'est la seule chose que je puisse faire pour toi mon fils, mon Jérôme, mon ange, mon Di Ji. Je vais aller te porter des fleurs tirées par un cheval car je n'oublie pas que c'était une de tes passions ainsi que la boîte en ta mémoire contenant ta photo, une rose rouge et une bougie. Sois convaincu mon ange, mon fils, mon Di Ji que jamais au grand jamais, je ne pourrai même l'espace d'un instant ne pas penser à toi.
Christine, TA MAMAN POUR L'ETERNITE
