DEUX ANS

DEUX ANS
DEUX ANS

Tout d'abord, le montage joint à cet article, nous a été offert par notre amie du blog : JACQUO 59.
Je tiens à la remercier vivement pour tout ce qu'elle fait pour nous, montages, messages de soutien ou encore fleurir ta photo.
Je profite également de cette petite parenthèse pour remercier vivement celles et ceux qui nous suivent depuis le début et nous sont fidèles.

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22/12/2006 – 22/12/2008 (DEUX ANS)


Voici venir l'anniversaire, le deuxième de ton départ et avec lui tout en moi se trouve amplifié. Ma terrible blessure se trouve réouverte et saigne encore plus qu'aux premiers jours.
Je me souviens de tous ces merveilleux dimanches ainsi que tous ces magnifiques Noëls où nous nous trouvions tous réunis autour d'un bon repas. Que de moments de convivialité qui malheureusement, je le sais aujourd'hui, ne se reproduiront pas. Quoi que je fasse, quoi que je dise, il manquera toujours une personne, une des plus chères à mon coeur et à ma vie. Il me manquera toujours toi : il me manquera toujours mon fils, mon Jérôme, mon ange, mon Di Ji.
Alors, dans un bref sursaut de courage, je rappelle à ma mémoire, ce jour où je me trouvais clouée sur un lit d'hôpital en attente du lendemain où l'on devait m'opérer pour me retirer l'utérus. Je n'avais alors que 28 ans et je souffrais d'une maladie qui détruisait à petit feu mon utérus et me rendait stérile. Pourtant, nous désirions tous avoir un troisième enfant pour papa et moi, un frère ou une soeur pour Sandra et toi. Peu m'importait le fait de ne plus être une femme après. Peu importe, quel que soit le destin à ce moment là, je me résignais et me disais que j'avais la chance de vous avoir ta soeur et toi. Toi, mon fils, mon Di Ji, qui savait être si présent dans ma vie, si réconfortant, si attentionné. Je me souviens de ce fameux soir, la veille donc de cette opération, comme si nous y étions. Tu as sû prendre le téléphone et m'appeler. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque tu m'as annoncé mon Di Ji que tu avais un cadeau pour moi. Tu étais à peine âgé d'une dizaine d'années et alors que je me demandais ce que ce présent que tu tenais tant à me faire pouvait être. J'ai entendu les premières notes de musique s'échapper de ton accordéon. Tu jouais si divinement bien !!!! De plus, je dois bien avouer que seul ce privilège m'était réservé depuis le départ de ta grand-mère. Tu as joué pendant une heure. Nous avons tous les deux passé une heure au téléphone, toi à jouer, moi à t'écouter avec fierté. Tu ne peux savoir l'espoir que tu as semé dans mon coeur et dans ma vie à ce moment précis mon ange, mon Jérôme, mon fils. Tu as toujours sû trouver le chemin de mon coeur et celui susceptible de m'apporter le plus grand, le plus fort, le plus sincère des soutiens.
Aujourd'hui, depuis deux ans, je suis seule, tellement seule face à mon destin, tellement seule face à la cruauté de cette vie. Sans toi, je n'ai plus la force de continuer ni celle d'être moi-même. Néanmoins, depuis, j'apprends à survivre avec l'hypocrisie, l'indifférence et la méchanceté des gens. Je sais ce qu'est la Souffrance avec un grand S, le désespoir et le mal-être. Je connais les sentiments éprouvés et la vie quotidienne des malades atteint d'une maladie incurable pour y être moi-même assujettie. Je sais à quel point les gens peuvent être sans scrupules et profiter de ton malheur pour te faire passer pour une moins que rien, pour te dénigrer, pour te rabaisser. Je connais maintenant le pourquoi du comment et la source du proverbe : « le malheur des uns fait le bonheur des autres. »
Aussi, parce que je sais que tu as toujours été fier de moi, parce que je sais que je n'ai pas le droit de te décevoir, que je n'ai pas le droit de me laisser aller au désespoir. Je me dois, pour toi, en ta mémoire et au nom de notre amour de continuer malgré tout, malgré cette douleur quotidienne, malgré mes larmes qui coulent d'elles même lorsque je pense à toi mais aussi pour ton frère, ton Tiyus que tu aimais tant de continuer à exister. Alors, aujourd'hui, comme bien souvent, parce que dorénavant, c'est la seule chose que je puisse faire pour toi mon fils, mon Jérôme, mon ange, mon Di Ji. Je vais aller te porter des fleurs tirées par un cheval car je n'oublie pas que c'était une de tes passions ainsi que la boîte en ta mémoire contenant ta photo, une rose rouge et une bougie. Sois convaincu mon ange, mon fils, mon Di Ji que jamais au grand jamais, je ne pourrai même l'espace d'un instant ne pas penser à toi.
JE T'AIME MON JEROME, MON FILS, MON ANGE, MON DI JI.

Christine, TA MAMAN POUR L'ETERNITE

# Posté le lundi 22 décembre 2008 03:25

putain de vie

putain de vie
Toujours des mauvaise nouvelles !!!!
Déjà pas le moral mais en plus que de soucis. J'aimerais être loin. J'aimerais que ces fêtes soient radiées du calendrier. Oui je sais, c'est égoïste. Mais c'est ce que je pense.
Pourquoi mon Dieu ? Cette question, je ne cesserai de la poser. Je ne trouverai certainement jamais de réponse. En tout cas, pas en ce bas monde, c'est certain. Mais je ne cesserai de me la poser.
Je savais que ça n'arrivait pas qu'aux autres. Je savais que ça pendait au nez de tous ceux qui ont des enfants. Mon Dieu, vous avez choisi de sacrifier votre fils. Vous ne m'avez pas demandé mon avis pour me prendre le mien. Et pour cause, vous saviez que je refuserais car il était ce que j'avais de plus cher au monde. De plus, vous, votre fils en partant pour l'autre monde, vous rejoignait. Moi, quand vais-je retrouver mon Di Ji ? Combien d'années encore vais-je devoir endurer cette terrible agonie, cette terrible détresse ?
Je ne sortirai pas indemne de cette terrible épreuve. Et pour cause, on m'a déchiré au plus profond de mon être. On m'a amputée de ce que j'avais de plus précieux. Ce fils que nous voulions tant et que nous chérissions. J'aurais tout donné pour lui. J'ai sacrifié mes plus belles années mais je ne l'ai jamais regretté tant Jérôme tu savais me le rendre au centuple. Que vais-je devenir sans toi ? Je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Je suis une morte vivante.
Plus les mois, les semaines, les jours passent et plus je me dis que ton départ va réussir là où tout le monde a échoué jusqu'ici. Pourtant, Dieu sait que nombreux sont celles et ceux qui l'ont souhaité et ont tout fait pour y arriver.
Oh Jérôme !!!! Mes mots ne sont pas assez fort pour décrire ma détresse. Je ne trouve pas ceux susceptible de crier mon désespoir et mon mal-être.
Ah !!!! Si seulement, je pouvais ...

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 14:04

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 16:20

Marre de cette vie

J'en ai marre, marre de cette vie là...

Toi seul connaissais le chemin de mon coeur et de mon bonheur.
Toi seul savais me réconforter , toi seul savais trouver les mots pour appaiser mon coeur.
Toi seul pourrais m'aider, pourrais me donner la force de continuer.
Oh ! Jérôme ! Tu me manques tant.
Je suis fatiguée de devoir vivre au quotidien avec cette terrible souffrance
De quel droit peut-on enlever à une mère son enfant !!!!
Je me sens abandonnée et seule. Mon coeur sans cesse balance.

Je t'aime tant, tu me manques terriblement.

# Posté le samedi 13 décembre 2008 09:13

04 décembre

04 décembre
Je hais le mois de décembre et tout ce qu'il implique.

* Premièrement : l'anniversaire de ton frère.
Encore un, le deuxième sans toi, il a un goût amer. Je ne peux toujours pas me résigner à organiser de grand repas comme on le faisait tous ensemble avant. Je me souviens de l'année dernière à la même époque. Je disais et pensais que la mort ne me prendrait jamais mon âme soeur, mon fils car je pensais naïvement que mon amour pour toi serait plus fort qu'elle. Certes, celui-ci est toujours bien présent tout comme toi dans ma vie, dans mes pensées de jour comme de nuit. Sur ce point là, rien n'a changé. Ce qui a changé en revanche s'est ma foi en le pouvoir de l'amour.
* Deuxièmement parce que ce maudit 22 décembre approche et avec lui tout ce qu'il entraîne. Ce mal être certain, ce mal de vivre, cette éternelle absence qui me pèse. En d'autres termes, ce mal de toi.
* Troisièmement, Noël : cette fête que j'apprèciais et aimais tant avant et que je ne peux plus sentir aujourd'hui. Rien que de voir toutes ces décorations me donnent envie de vomir. Je me souviens d'un certain jeudi 21 décembre où Guillaume et moi étions tellement fier de te montrer toutes les merveilleuses décorations de Noël que nous venions de finir. Notre maison n'avait jamais été aussi décorée, intérieure comme extérieure !!!! Et pour cause, nous étions heureux. Nous allions tous fêter Noël ensemble et nous allions baptiser Enzo. C'était sans compter sur cette maudite vie qui vous donne un jour pour vous reprendre un autre sans prévenir.
Nos décors ont été bien éphémères. J'ai passé la nuit du vendredi 22 au samedi 23 à tout retirer. J'avais la rage au ventre. Comment était-ce possible ??? On venait de me prendre ce que j'avais de plus cher au monde. On venait de me prendre la prunelle de mes yeux, mon âme soeur, mon fils, mon Di Ji.

# Posté le mercredi 03 décembre 2008 13:53

Cette chanson

Je me souviens de cette chanson que tu passais en trombe durant les deux mois précédant le 22 décembre 2006.
Je me souviens également d'un certain matin d'avril 2007 où nous sommes allés démarer ta voiture qui dormait depuis plusieurs mois dans un garage. Celle-ci n'avait plus du tout de batterie. Elle n'en avait pas assez pour que la centralisation fonctionne. Nous avons dû l'ouvrir manuellement avec la clef. Bien entendu impossible de démarrer la voiture. Et pourtant, quelle ne fut pas notre surprise d'entendre cette chanson sortir mystèrieusement de l'autoradio.

un morceau de métal
dans ma gorge est planté
mais il me semble que je suis vivante
peut-être ai-je rêvé ???? Si seulement, j'avais rêvé et qu'il ne s'agisse que d'un cauchemar.
Quand viendra le jour où je me réveillerai et je te retrouverai ????
Quand, mon ange, peux-tu me le dire ???? Quand te reverrai-je enfin ???? Quand se terminera cette terrible agonie que personne ne comprend ????
Toi, tu le sais, toi, tu vois cette atroce souffrance qui est la mienne.
Oh Jérôme ....


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Il vit très bien sans elle
la ville n'a pas changé
le matin il descend
comme on donne à manger
à un petit enfant
son ventre se rappelle

Puis il ouvre un journal
sans le vouloir vraiment
tout ça lui est égal
un morceau de métal
dans sa gorge est planté
mais il semble vivant
peut-être a-t-il rêvé

Comme dans un songe on croit trouver de l'or
au matin au réveil
c'est un peu de soleil
fondu au matin

Il vit très bien ainsi
comme dans un flocon
qu'importe le flacon
pourvu qu'il ait l'ivresse
alors il se redresse
peut-être a-t-il rêvé

Comme dans un songe on croit trouver de l'or
au matin la tendresse
c'est un corps dans les draps
qui dort au matin

Il sait qu'elle reviendra
la chambre n'est pas faite
comme quand elle était là
brûlure de cigarette
sur le meuble de bois
peut-être a-t-il rêvé

Comme quand on croit que tout peut arriver
au matin au réveil
c'est un peu de soleil fondu
au matin au réveil

# Posté le mardi 02 décembre 2008 15:38